Journal de retour / État de la contamination
Depuis mon retour de la formation en sérigraphie à Angoulême avec Les Mains Sales, je commence surtout à comprendre ce qu’il me reste.
Certaines recherches disparaissent rapidement.
D’autres contaminent progressivement les suivantes.
Je ne sais pas encore lesquelles survivront réellement.
Je suis encore en train de digérer lentement tout ce travail.
Plus de 200 dessins originaux ont été déplacés, saturés, superposés, parfois volontairement abîmés pendant les expérimentations en sérigraphie.
Certaines choses sont déjà perdues.
Et c’est probablement nécessaire.
Mais voir quelques formes résister au milieu du reste me rappelle à quel point l’expérimentation est essentielle dans une pratique aussi dense que la mienne.
Certaines couches semblent plus vivantes une fois ratées.
Je ne sais pas encore si cela appartient à une nouvelle série ou simplement à un accident temporaire.
Alors j’attends.
Je regarde certaines images plusieurs jours avant de décider si elles existent encore.
En parallèle, d’autres pièces — encore non photographiées — me semblent déjà très justes.
Comme si certaines intuitions pensées bien avant la résidence avaient finalement trouvé leur forme.
Entre confiance et doute, je préfère encore laisser les images dériver un peu avant de les montrer davantage.
À suivre.