Pluriels Singuliers

voir

Exposition du 22 janvier au 14 mars 2015

La notion de groupe, d’ensemble et la place de l’individualité en son sein, voilà le dénominateur commun des oeuvres de Matthieu Exposito et Manuèle Bernardi. Complémentaires, leurs questionnements autour de cette thématique suivent néanmoins deux voies distinctes.

Manuèle Bernardi, avec ses sculptures de papillons ou de méduses, pointe davantage un groupe dense qui se construit par la rencontre des individus et leur proximité, trouve son unité par l’accumulation. La nature animale illustre parfaitement ce qui peut nous sembler paradoxal : des bandes soudées dont l’harmonie et la force procèdent de l’interdépendance entre le pluriel et le singulier.
L’utilisation de la cire et du papier pour l’élaboration des oeuvres appuie cet équilibre fragile : tout comme un écosystème, leur instinct de survie est attentif aux variations de température. Les femmes callipyges en terre ou en bronze de l’artiste relèvent de la même association entre force et légèreté. Si celles-ci ancrent leur existence en terre par des hanches, des jambes et des pieds vastement enracinées, plus leurs chairs atteignent le ciel, plus elles se précisent et se raréfient en un buste gracile.

Matthieu Exposito, quant à lui, illustre par des architectures monumentales écrasant une foule de modules géométriques répétés – unités anonymes, en quelque sorte –, la solitude humaine et son impasse. L’horizon citadin est noir et blanc, ses habitants pointus à son image. Quelques traits ou aplats roses, délicats, encadrent ou remplissent par touches une matière minérale indestructible comme une fragile peau organique.
Ces traits ou aplats colorés ne se rencontrent jamais, n’enveloppent pas entièrement la structure autour de laquelle ils se déploient. Ils ne voient ni leurs semblables, ni leur ensemble, et même si tel était le cas, des obstacles insurmontables les séparent à jamais. Les roses semblent vouées à l’échec de la rencontre, et pourtant leur touche insuffle une bouffée d’espoir – un espoir certes ténu, mais essentiel – à cette morne géographie.

Texte : Axel Sourisseau

INFOS :
Galerie Géraldine Banier
54 rue Jacob 75006 Paris
galeriegeraldinebanier@gmail.com
+33 (0)1 42 96 36 04
www.geraldinebanier.fr

Evénement facebook, par ici